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    Accueil»Politique»William Ruto, maestro autoproclamé du libre-échange africain à la baguette
    Politique

    William Ruto, maestro autoproclamé du libre-échange africain à la baguette

    Publié par Solange Mavoungou25/06/2025
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    Nairobi en quête d’oxygène commercial

    L’élection de William Ruto à la présidence kényane, en août 2022, coïncide avec un ralentissement structurel des exportations nationales – thé, horticulture, services informatiques – confrontées à l’augmentation soutenue des importations d’hydrocarbures et de biens manufacturés. Selon le Trésor kényan, le déficit commercial a surpassé 11 milliards de dollars en 2023, un record historique qui pèse sur la valeur du shilling et accroît la pression sur les finances publiques. Dans ce contexte, le chef de l’État a très tôt théorisé une « diplomatie des débouchés », arguant que la question de la demande extérieure n’était plus un problème de compétitivité intérieure uniquement, mais de géopolitique commerciale continentale.

    La stratégie des sommets se déploie

    À peine installé à State House, William Ruto a multiplié les déplacements: Addis-Abeba pour l’Union africaine, Arusha pour la Communauté d’Afrique de l’Est, et plus récemment Accra pour la réunion des ministres du commerce de l’AfCFTA. À chaque étape, le message reste invariable : « Le Kenya se tient prêt à héberger les secrétariats techniques nécessaires à la mise en œuvre effective du marché unique », a-t-il martelé à Accra, sous les applaudissements, tout en s’assurant de faire diffuser l’extrait sur ses réseaux sociaux. Cette mise en scène n’est pas anodine. Dans la compétition feutrée entre États pour obtenir l’hébergement d’organes régionaux – donc des emplois et de l’influence normative – le visuel compte autant que le texte final du communiqué.

    L’AfCFTA comme horizon fédérateur

    Le président mise sur l’AfCFTA pour démultiplier, à terme, l’accès des entreprises kényanes à un marché de 1,3 milliard de consommateurs. Nairobi espère notamment accélérer la diversification de ses exportations vers l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, encore marginales. Selon la Banque africaine de développement, à peine 18 % des expéditions kényanes trouvent preneur sur le continent. Ruto se prévaut d’une vision « post-COMESA »: fédérer les blocs sous-régionaux, transcender les droits de douane résiduels et harmoniser les normes sanitaires, enjeu crucial pour l’agro-industrie kényane. Dans ses discours, il invoque volontiers la métaphore symphonique : chaque État « joue sa partition », mais « le chef d’orchestre doit garantir l’harmonie finale ». Une manière subtile de s’autodésigner, tout en soulignant la complémentarité recherchée.

    Rivalités régionales et résistances intérieures

    Les prétentions kényanes se heurtent toutefois aux ambitions concurrentes de Kigali, d’Abuja ou du Caire, chacun cherchant à façonner les règles à son avantage. Le Sénégal, fort de son nouveau statut de producteur d’hydrocarbures, s’est invité dans la conversation. « Nous soutenons le leadership kényan, mais pas à n’importe quel prix », glisse un diplomate ouest-africain, rappelant les divergences persistantes sur les listes de produits sensibles. Sur le plan domestique, la confédération kényane des industriels demeure sceptique : les coûts logistiques sur le corridor Mombasa-Kampala restent élevés et le réseau ferroviaire à voie standard, pourtant présenté comme la colonne vertébrale des échanges transafricains, n’atteint toujours pas le Rwanda, faute d’accord de financement suffisant (ministère kényan des Transports, 2023).

    Entre storytelling présidentiel et réalisme diplomatique

    William Ruto excelle à capter l’attention des médias panafricains, mais la matérialisation de ses annonces dépendra de sa faculté à naviguer entre contraintes budgétaires et susceptibilités régionales. Les observateurs notent que son gouvernement a déjà réduit de 15 % les droits de douane sur certains intrants industriels pour anticiper la concurrence intra-africaine, un geste salué par la CNUCED comme « signal positif ». En parallèle, Nairobi négocie des lignes de crédit ciblées avec la Banque africaine d’import-export pour accompagner les PME. « L’enjeu est de transformer la communication politique en capacités productives tangibles », souligne une économiste de l’université de Nairobi, pointant le risque, sinon, d’un simple déplacement de la dépendance commerciale, des ports asiatiques à ceux d’Afrique du Sud ou du Maroc.

    Vers une symphonie inachevée ?

    À l’issue du dernier sommet de l’AfCFTA, le Kenya a obtenu la présidence tournante du comité des règles d’origine, succès diplomatique indéniable mais à la portée concrète encore limitée. Ruto, conscient des obstacles, appelle désormais à la création d’un « fonds d’ajustement » pour compenser les États dont les recettes douanières chuteraient. La mesure divise : certains y voient un pas décisif, d’autres un « puits sans fond ». L’audace kényane est saluée pour sa capacité à impulser le débat, moins pour sa capacité à fédérer durablement. Il n’en reste pas moins que, dans un continent habitué aux révolutions silencieuses plus qu’aux ruptures spectaculaires, la constance du locataire de State House pourrait, sur le long terme, faire de Nairobi un centre de gravité incontournable du libre-échange africain. Reste à savoir si l’orchestre suivra le tempo imposé.

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