Un gala solidaire en plein essor
La salle festive de Brazzaville a vibré le 26 novembre lors de la deuxième soirée caritative Elombé, organisée par l’association Marcher Courir pour la Cause, MCPLC. Entre promesses de dons, témoignages et musique, l’événement a rassemblé institutions, entreprises et citoyens autour d’un mot d’ordre : reculer le diabète.
Le diabète n’épargne plus aucune tranche d’âge, souligne le professeur Donatien Moukassa, directeur de cabinet du ministre de la Santé et de la Population, pour qui la lutte nécessite « un engagement citoyen » et des ressources adaptées à ce qu’il qualifie d’enjeu majeur de santé publique nationale.
Lever des fonds pour des actions tangibles
La soirée Elombé a pour vocation de lever des fonds destinés aux campagnes de sensibilisation, de dépistage et aux infrastructures sport-santé portées par MCPLC. L’an dernier, les contributions avaient permis d’achever la construction de la première Maison Sport et Santé dans le quartier brazzavillois de Poto-Poto cette année.
Pour cette deuxième édition, la perspective s’élargit : grâce au titre foncier de 800 m² offert par le président du conseil municipal de Madingou, un second centre verra le jour en province. « Nous avons désormais l’obligation des résultats », a reconnu le donateur, Rodrigue Dinga Mbomi, devant un public conquis unanimement.
Les entreprises répondent présentes
Côté entreprises, la SNPC a réaffirmé sa place de partenaire stratégique. Son directeur général, Maixent Raoul Ominga, a insisté sur la « coalition large et engagée » indispensable, jugeant que la promotion du bien-être communautaire rejoint la responsabilité sociétale des sociétés pétrolières opérant sur le sol congolais depuis plusieurs années.
Le dirigeant a profité de la tribune pour inviter les entreprises encore hésitantes à « faire un geste ». Selon lui, un soutien financier régulier garantirait la pérennité des dépistages itinérants et réduirait les coûts futurs liés aux complications diabétiques qui pèsent déjà sur la productivité nationale et les ménages.
L’appui institutionnel se renforce
Au nom du ministère de la Santé et de la Population, le professeur Moukassa a renouvelé un accompagnement institutionnel. « Nous amplifions la voix des milliers de personnes vivant avec le diabète. Vous pouvez compter sur le soutien permanent du ministre », a-t-il déclaré, salué par de vifs applaudissements unanimes.
Président d’Unicongo, Michel Djombo a rappelé que la santé se construit au quotidien, « dans les foyers, les entreprises et nos communautés ». Il a souhaité que les participants repartent convaincus de leur pouvoir d’agir, faisant de la soirée un catalyseur plutôt qu’une simple parenthèse festive au cœur des habitudes.
Une dimension scientifique indispensable
La dimension scientifique a été portée par l’Organisation mondiale de la Santé. Son représentant au Congo, le docteur Vincent Dossou Sodjinou, a annoncé une collaboration avec MCPLC pour réaliser la première enquête nationale sur la prévalence du diabète, lacune statistique qui freine jusqu’ici les politiques ciblées et efficaces.
Ces données permettront d’orienter les futures campagnes et d’évaluer l’impact des Maisons Sport et Santé. « Nous saurons où concentrer l’effort et comment mesurer les progrès », a précisé le médecin onusien, estimant que la disponibilité d’indicateurs fiables constitue l’un des meilleurs arguments pour attirer des bailleurs et partenaires supplémentaires.
Des récompenses pour stimuler l’engagement
Afin de remercier les soutiens présents, plusieurs trophées symboliques ont été remis aux partenaires les plus actifs, renforçant l’esprit d’émulation. Un tirage au sort a ensuite distribué des lots, ponctuant la soirée d’instants ludiques et permettant d’aborder la prévention sous un angle convivial et participatif pour tous publics.
Prévention de proximité et innovation
Selon MCPLC, les hospitalisations liées aux complications du diabète absorbent une part croissante des dépenses familiales. L’association juge donc impératif d’anticiper : chaque dépistage précocement réalisé représente, à terme, une économie substantielle pour les ménages, mais aussi pour les finances publiques consacrées aux soins de longue durée au Congo.
Le concept de Maison Sport et Santé repose sur la complémentarité entre activité physique encadrée et suivi médical. Pensé avec des kinésithérapeutes locaux, l’espace propose des ateliers de marche, de course, de nutrition et de contrôle glycémique, accessibles gratuitement grâce aux dons collectés lors de soirées comme Elombé.
Ouvrir une antenne à Madingou répond à la volonté de déconcentrer les services de prévention, encore trop centralisés à Brazzaville et Pointe-Noire. Les organisateurs espèrent toucher les zones rurales voisines, où l’accès aux médecins spécialistes et aux glucomètres reste limité malgré les efforts gouvernementaux récents dans la région.
En parallèle des événements physiques, MCPLC prépare une plateforme numérique d’information et de suivi, afin de diffuser des conseils pratiques et rappeler les rendez-vous de dépistage. L’outil, actuellement en test, permettra aussi de signaler en temps réel les stocks de bandelettes dans les centres partenaires sur tout le territoire.
Un symbole bleu pour l’avenir
Les lumières éteintes, les invités sont repartis avec un bracelet bleu, symbole de la lutte antidiabète. Si les donations continuent d’affluer après la soirée, MCPLC promet d’annoncer dès janvier le début des travaux à Madingou, preuve que la solidarité congolaise peut transformer des promesses en actes concrets rapidement.
