Close Menu
    Articles les plus lus

    CAN 2025 Sénégal–Maroc : les clés d’une finale XXL

    18/01/2026

    Présidentielle 2026 : l’appel direct de Brice Itoua

    18/01/2026

    Manifs à Brazzaville : la règle des 7 jours à retenir

    18/01/2026
    Facebook X (Twitter) TikTok YouTube
    En direct depuis Brazzaville :
    • CAN 2025 Sénégal–Maroc : les clés d’une finale XXL
    • Présidentielle 2026 : l’appel direct de Brice Itoua
    • Manifs à Brazzaville : la règle des 7 jours à retenir
    • Numérique au Congo : l’Assemblée passe l’Aden au crible
    • Eau potable à Mfilou : la station “Eau Pratique” change tout
    • Adiac–Xinhua : l’accord discret qui change la donne
    • Djiri: Hugues Ekouélé prend les rênes de l’hôpital
    • Pointe-Noire : deux Congolais sacrés Dr Honoris Causa
    YouTube Facebook X (Twitter) TikTok
    brazza24.combrazza24.com
    Demo
    • Accueil
    • Politique
    • Économie
    • Culture
    • Éducation
    • Environnement
    • Santé
    • Sport
    brazza24.combrazza24.com
    Accueil»Politique»Siège de l’OOAS à Abidjan : bras de fer Cedeao-Bénin sur la santé régionale
    Politique

    Siège de l’OOAS à Abidjan : bras de fer Cedeao-Bénin sur la santé régionale

    Publié par Solange Mavoungou26/06/2025
    Facebook Twitter Pinterest LinkedIn WhatsApp Reddit Tumblr Email
    Partagez
    Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

    Un déménagement décidé au sommet, contesté à Cotonou

    Rarement une décision administrative aura concentré autant de crispations diplomatiques. Le 4 juillet dernier, au terme d’un sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest réuni à Abuja, les chefs d’État ont validé le principe du transfert du siège de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) de Bobo-Dioulasso vers Abidjan (Communiqué final de la Cedeao, 2023). L’argument officiel tient en quelques lignes : rapprocher l’agence de santé régionale des infrastructures de transport et de communication, afin d’améliorer la coordination des réponses aux urgences sanitaires.

    À Cotonou, la nouvelle a aussitôt été perçue comme un affront. Le président Patrice Talon, d’ordinaire avare de réactions publiques, a fait savoir par des canaux officieux qu’il s’opposait « fermement » à une décision adoptée « sans véritable étude d’impact » (conseiller présidentiel béninois, entretien, octobre 2023). Dans un courrier adressé à la Commission de la Cedeao, dont nous avons obtenu copie, le chef de l’État béninois estime que la relocalisation « procède moins d’une logique de santé publique que d’un calcul géopolitique ».

    Les griefs du président Talon et le précédent burkinabè

    Le Bénin n’abrite pas l’OOAS, mais la prise de position de Patrice Talon s’explique par le soutien historique que son pays apporte au Burkina Faso, hôte de l’institution depuis 1987. Officiellement, la solidarité avec Ouagadougou, confronté depuis huit ans à une crise sécuritaire endémique, motive cette défense. Officieusement, Cotonou craint une marginalisation de son influence au sein des agences spécialisées, après avoir déjà perdu en 2018 la bataille pour accueillir la monnaie unique de la Cedeao.

    « En externalisant une structure efficace du Sahel vers le littoral, on envoie un message désastreux aux populations des zones enclavées », confie un diplomate béninois en poste à Abuja. Dans l’entourage présidentiel, on fait également valoir que le Burkina Faso a consenti des investissements considérables – près de 40 millions de dollars selon le ministère burkinabè de la Santé – pour moderniser le campus de Bobo-Dioulasso. Le déménagement est donc perçu comme une dévalorisation des efforts accomplis, ajoutent les mêmes sources.

    Les motivations d’Abidjan entre soft power et logistique

    Côté ivoirien, on argumente sur la capacité du port d’Abidjan, des liaisons aériennes quotidiennes et de la desserte numérique pour justifier l’accueil de l’OOAS. « La pandémie de Covid-19 a montré l’importance de disposer d’un hub logistique de premier plan », plaide un conseiller du ministre ivoirien de la Santé, rappelant que la Côte d’Ivoire abrite déjà les bureaux régionaux de l’Organisation mondiale de la douane et du Bureau interafricain des ressources animales.

    Abidjan y voit aussi une opportunité de consolider son soft power. Depuis l’élection d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat, la diplomatie ivoirienne cherche à projeter une image de stabilité et d’efficacité technocratique. Selon un économiste de l’Observatoire des politiques publiques ouest-africaines, attirer une organisation à vocation sanitaire cléricalise cette ambition : « L’OOAS est un levier d’influence discrète ; héberger son siège, c’est s’assurer un flux régulier de conférences, d’experts et de financements internationaux. »

    Un test pour la gouvernance sanitaire de la Cedeao

    Au-delà de la querelle entre capitales, l’épisode révèle les failles de la gouvernance sanitaire régionale. Depuis la crise d’Ebola, la Cedeao a multiplié les agences – Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies, Fonds de recherche biomédicale – sans toujours clarifier les champs de compétence. Le déplacement de l’OOAS, censée centraliser ces initiatives, risque de dupliquer des fonctions déjà assurées par Abuja ou Accra, préviennent plusieurs experts de la Fondation Mo Ibrahim (rapport 2023).

    La question budgétaire n’est pas neutre. Le coût du déménagement est évalué à 25 millions de dollars, dont la moitié proviendrait d’un prêt concessionnel de la Banque ouest-africaine de développement. Les États membres, déjà soumis aux pressions inflationnistes, pourraient rechigner à financer une opération perçue comme politique. Le Ghana a d’ailleurs demandé, lors d’une session à huis clos, une « analyse coûts-avantages indépendante », proposition restée lettre morte pour l’heure.

    Scénarios de sortie et marges de négociation

    Plusieurs pistes circulent dans les couloirs de la Commission. La première consisterait à transformer Bobo-Dioulasso en campus secondaire dédié à la recherche, tandis qu’Abidjan deviendrait le siège administratif. Cette option, soutenue par Abuja, permettrait de sauver la face aux parties prenantes, mais suppose un financement double. Un autre scénario, défendu par le Niger avant le coup d’État de juillet, proposait de geler la décision pendant deux ans, le temps de stabiliser la région sahélienne et d’évaluer les performances du site actuel.

    Dans l’attente, Patrice Talon entretient une stratégie d’obstruction douce : absence à certaines réunions, refus de signer les protocoles d’accord logistiques. La Côte d’Ivoire, de son côté, accélère le chantier d’une tour de quinze étages à Cocody, pour signifier la détermination d’Abidjan. La médiation s’annonce complexe, mais un diplomate sénégalais rappelle que « la Cedeao s’est toujours retrouvée sur un compromis in extremis dès lors que l’image collective était en jeu ». Le sort du siège de l’OOAS sera un indicateur précieux de la capacité de l’organisation à transcender les susceptibilités nationales au nom de la santé publique régionale.

    Partagez. Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Telegram Email
    Article PrécédentSous les ors parisiens, Paris pousse l’Europe à miser (enfin) sur l’Éthiopie
    Article Suivant Îles Éparses : Paris et Antananarivo balancent entre restitution et realpolitik

    Articles sur le même thème

    Présidentielle 2026 : l’appel direct de Brice Itoua

    18/01/2026

    Manifs à Brazzaville : la règle des 7 jours à retenir

    18/01/2026

    Assemblée nationale: Mvouba fixe le cap 2026

    13/01/2026
    Événement
    Articles Récents

    Billets CAN 2025: ruée digitale avant le grand show

    13/10/202559

    Washington–Brazzaville : Françoise Joly relance un dialogue stratégique de confiance

    26/07/202539

    Bébés noirs : comment l’État sécurise et réinsère

    03/10/202526

    Brazzaville en deuil après le décès de Vichèle Mampouya

    28/10/202521
    Ne manquez pas
    Environnement

    Bilan 2025 : Françoise Joly, une diplomatie d’influence au service du repositionnement stratégique du Congo

    Publié par Sylvie Nkouka19/12/2025

    L’année 2025 s’impose comme l’une des plus denses de la diplomatie congolaise de la dernière…

    Congo-Russie : cap sur la protection des capitaux

    24/10/2025

    Budget-programme CEMAC : Brazzaville dans la lumière

    23/10/2025

    Congo-Chine : coulisses d’un partenariat stratégique

    01/09/2025
    Abonnez-vous
    • Facebook
    • Twitter
    • YouTube
    • TikTok
    Informations
    Informations

    Brazza24.com vous propose un regard frais et local sur les tendances, modes de vie, initiatives citoyennes et cultures urbaines qui façonnent le quotidien au Congo-Brazzaville. Cette section est conçue pour explorer les sujets qui vous touchent, au cœur de la société congolaise contemporaine.

    Nous sommes ouverts à de nouveaux partenariats et collaborations éditoriales.

    Facebook X (Twitter) YouTube TikTok RSS
    Choix de la Rédaction

    CAN 2025 Sénégal–Maroc : les clés d’une finale XXL

    18/01/2026

    Présidentielle 2026 : l’appel direct de Brice Itoua

    18/01/2026

    Manifs à Brazzaville : la règle des 7 jours à retenir

    18/01/2026
    Articles Populaires

    Numérique au Congo : l’Assemblée passe l’Aden au crible

    17/01/2026

    Eau potable à Mfilou : la station “Eau Pratique” change tout

    17/01/2026

    Adiac–Xinhua : l’accord discret qui change la donne

    17/01/2026
    © 2026 Brazza24 - L'Actu du Congo-Brazzaville 24h/24
    • Accueil
    • Fact-Checking
    • Politique de Confidentialité
    • Contactez Brazza24

    Tapez ci-dessus et appuyez sur Entrée pour rechercher. Appuyez sur Échap pour annuler.