Le Chef de l’État inaugure deux hôpitaux stratégiques
Vendredi 21 puis lundi 24 novembre 2025, le président Denis Sassou-Nguesso a officiellement livré les hôpitaux généraux de Sibiti et de Ouesso. Ces équipements illustrent l’accélération du « Programme santé pour tous », initié en 2016 pour couvrir les douze départements du Congo.
Le chef de l’État était accompagné du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, de plusieurs membres du gouvernement et des autorités préfectorales. Partout, foules et notables ont salué des gestes forts pour la santé, la connectivité routière et l’électrification des zones autrefois enclavées.
Un programme national de santé aux normes OMS
Lancé il y a neuf ans, le plan gouvernemental vise à doter chaque chef-lieu départemental d’un hôpital général conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Les travaux sont financés sur budget national, avec un suivi technique du ministère de la Santé et des Partenariats publics privés.
Selon le cabinet du ministre Gilbert Mokoki, ce réseau hospitalier doit réduire les évacuations vers Brazzaville, alléger la charge des familles et améliorer les indicateurs de mortalité maternelle. La standardisation des blocs opératoires et des banques de sang constitue le socle de cette politique.
Sibiti: un hôpital pivot pour la Lékoumou
Implanté sur cinq hectares en lisière nord de la ville, l’Hôpital général de Sibiti offre 235 lits répartis en médecine, chirurgie, pédiatrie et maternité. Quatre blocs opératoires et une salle de césarienne sécurisée permettront de traiter localement la plupart des urgences.
L’équipement comprend une banque de sang automatisée et une unité de néphrologie-hémodialyse équipée de huit générateurs. Une centrale thermique de deux mégawatts et deux forages assurent l’autonomie en énergie et en eau, un point crucial dans cette zone forestière.
Pour la phase d’ouverture, 193 agents médicaux et non médicaux ont été mobilisés. « Nous passons d’un plateau sanitaire basique à un centre de référence sous-régional », se félicite le docteur Aimé Mavoungou, directeur général, assurant que les premières consultations sont prévues dès la semaine prochaine.
Ouesso: la Sangha mise sur la polyvalence
Trois jours après Sibiti, le cortège présidentiel a rallié Ouesso, à près de 900 kilomètres au nord. Sur un terrain d’égale superficie, l’hôpital affiche aussi 235 lits mais s’organise en cinq zones fonctionnelles intégrant imagerie, analyses biomédicales et services administratifs modernisés.
Le site dispose d’un incinérateur électrique pour les déchets biomédicaux et d’un atelier de couture chargé de la confection des draps, gants et tenues du personnel. Au démarrage, 141 professionnels – médecins, ingénieurs biomédicaux, techniciens de laboratoire – assureront la permanence des soins.
« Ouesso n’avait jusque-là qu’un hôpital de district très sollicité ; l’arrivée de ce pôle polyvalent va soulager les évacuations sanitaires vers Ouémé et Brazzaville », explique la docteure Mireille Samba, gynécologue. Les autorités espèrent aussi attirer des chercheurs sur la médecine tropicale.
Des gains en mobilité et en énergie pour Ewo
Profitant de son déplacement dans le Nord, le Président a également mis en service la route bitumée Boundji-Ewo, longue de 76 kilomètres. Cet axe désenclave la Cuvette-Ouest et réduit de moitié le temps de trajet entre Ewo et la Nationale 2, gaine logistique majeure.
Dans la foulée, la ville a été raccordée au réseau électrique national grâce à une ligne haute tension venant d’Oyo. « Les délestages appartiennent désormais au passé », a déclaré le ministre Émile Ouosso, soulignant l’impact attendu sur les petites industries locales et les internats scolaires.
Perspectives 2026: Impfondo et Kinkala en ligne de mire
Lors des cérémonies, le ministre d’État Jean-Jacques Bouya a rappelé que les chantiers d’Impfondo, dans la Likouala, et de Kinkala, dans le Pool, atteignent respectivement 85 % et 80 % de réalisation. Leur livraison est programmée pour le second semestre 2026.
À terme, les douze hôpitaux généraux représenteront une capacité cumulée de près de 3 000 lits. Le gouvernement table sur 2 500 recrutements directs et des retombées économiques pour les PME du BTP, de la maintenance biomédicale et des services de restauration.
Un accueil populaire salué par les autorités
De Sibiti à Ouesso, des milliers d’habitants, banderoles et danses traditionnelles à l’appui, ont réservé un accueil enthousiaste au chef de l’État. Les préfets Jean-Christophe Tchikaya, Édouard Denis Okouya et Frédéric Baron Bouzock ont souligné « la forte mobilisation des jeunes et des femmes ».
Dans chacune des localités, la remise symbolique des clés et la coupure du ruban tricolore ont été suivies de visites guidées des services. Les premiers patients sont attendus dès la fin de la phase de tests techniques, prévue pour la mi-décembre.
Retombées régionales et innovations numériques
Avec ces nouvelles infrastructures, le gouvernement met en avant son engagement à rapprocher l’offre de soins des populations et à soutenir l’émergence économique des territoires. La continuité des chantiers annoncés reste scrutée par les communautés bénéficiaires et les partenaires au développement.
Pour les bailleurs régionaux, ces hôpitaux représentent également des points d’ancrage pour les campagnes de vaccination, la télémédecine et la recherche sur les maladies émergentes. Des partenariats sont en discussion avec la Banque de développement des États d’Afrique centrale et des ONG spécialisées.
Le ministère de la Santé prévoit aussi d’équiper les deux sites d’un système d’information hospitalier numérique, facilitant la traçabilité des actes, la facturation et la transmission des données épidémiologiques en temps réel.
