Dynamique portuaire congolaise
Le Port autonome de Pointe-Noire a franchi une étape décisive le 2 décembre, en rendant définitive la réception de son quai multifonction et de son quai multi-vrac, édifiés sur la façade ouest du nouveau môle, au terme d’un an d’essais.
Ces nouvelles installations matérialisent le plan d’urgence lancé par la direction générale du Papn pour augmenter les capacités d’accueil des porte-conteneurs et des navires conventionnels, tout en fluidifiant la manutention des marchandises diverses vers le marché national et sous-régional.
« Nous consolidons la vocation hub du port de Pointe-Noire en Afrique centrale », a souligné le directeur général Séraphin Balhat, rappelant que l’infrastructure se positionne comme porte d’entrée stratégique pour les produits de la République du Congo et des pays enclavés voisins.
Un plan d’urgence bien financé
Le projet a été financé par un prêt de plusieurs millions d’euros accordé par l’Agence française de développement au Papn, confirmant la confiance des partenaires internationaux dans la performance logistique congolaise et la bonne gestion de ce programme prioritaire.
L’entreprise de travaux publics Razel a conduit le chantier, sous le contrôle du groupement Egis Cap Consultant, maître d’œuvre chargé de veiller au respect du cahier des charges, des normes de sécurité et des délais contractuels.
Antoine Beli Bokolojoue, directeur du groupement, estime que « ces deux quais renforcent la compétitivité du Papn et, au-delà, consolident le rôle du Congo comme carrefour maritime de la sous-région ».
Des quais multifonctions modernes
Le quai multifonction, long de 330 mètres, est dimensionné pour accueillir simultanément des navires de 50 000 t de port en lourd, tandis que le quai multi-vrac est doté de systèmes de déchargement permettant de traiter céréales, engrais ou clinker avec un rendement accru.
Une darse spéciale pour élévateur à bateaux a en outre été creusée dans le bassin portuaire, facilitant la mise à flot ou la maintenance des unités de servitude et des remorqueurs, un atout pour la sécurité globale des opérations.
Les équipements électromécaniques, alimentés par un réseau de distribution modernisé, répondent aux exigences environnementales actuelles, notamment la réduction des émissions atmosphériques et la gestion optimisée des eaux de ruissellement.
Suivi, garantie et maintenance
La réception définitive intervient après une période d’observation de douze mois au cours de laquelle les structures ont été testées en conditions réelles par l’opérateur Alport, concessionnaire des terminaux conteneurs et marchandises diverses.
Une garantie décennale lie désormais les entreprises au Papn ; toute anomalie constatée sur l’infrastructure obligera le maître d’œuvre à intervenir sans frais pour l’autorité portuaire jusqu’en 2033, a rappelé Séraphin Balhat devant les représentants des partenaires.
Ce dispositif de contrôle permanent rassure les chargeurs internationaux et renforce la crédibilité technique du port sur les principaux corridors qui alimentent la Centrafrique, le Tchad ou le nord de l’Angola.
Pêche et artisanat : suite du programme
Le deuxième lot du plan d’urgence, consacré au port artisanal et au port de pêche, est déjà engagé ; selon Antoine Beli Bokolojoue, la livraison est calibrée pour février 2026, après finalisation des travaux de terrassement et d’équipements frigorifiques.
Ces infrastructures offriront des quais sécurisés aux pêcheurs de la côte atlantique et des halls de première vente répondant aux normes sanitaires, contribuant à structurer une filière halieutique qui emploie déjà plusieurs milliers de familles.
Le Papn ambitionne ainsi de diversifier ses revenus et de soutenir la politique gouvernementale de valorisation des ressources marines, tout en créant des emplois directs et indirects à Pointe-Noire.
Impact pour Pointe-Noire et la sous-région
L’entrée en service des nouveaux quais augmente de 20 % la capacité annuelle du terminal, en portant les prévisions de trafic à neuf millions de tonnes dès 2025, selon les projections internes communiquées lors de la réunion tripartite.
Les opérateurs logistiques anticipent une baisse des coûts de passage portuaire grâce à la réduction des temps d’attente, avantage compétitif majeur au profit des exportateurs de bois, de manganèse ou de produits agroalimentaires congolais.
Pour la municipalité, l’essor du port devrait stimuler les activités de transport urbain, l’hôtellerie et la formation professionnelle, renforçant l’attractivité de Pointe-Noire comme pôle économique national.
Les autorités nationales réaffirment leur engagement en faveur des infrastructures stratégiques inscrites dans le Plan national de développement 2022-2026, considérant le port comme levier essentiel de diversification économique et d’intégration régionale.
La Chambre de commerce de Pointe-Noire planche déjà sur un nouveau guichet unique électronique pour simplifier les formalités douanières et maximiser les bénéfices induits par ces investissements.
