Contexte du projet de santé publique à Oyo
Depuis 2021, le gouvernement congolais s’est engagé à moderniser la gestion des déchets biomédicaux afin de limiter les risques infectieux et les émissions polluantes dans les établissements hospitaliers du nord du pays.
Oyo, chef-lieu de la Cuvette, a été retenue comme zone pilote en raison de son rôle croissant dans le maillage sanitaire national et de la fréquentation des hôpitaux de référence que compte la localité.
Le Programme des Nations unies pour le développement soutient financièrement et techniquement ce projet, jugé essentiel pour atteindre les Objectifs de développement durable relatifs à la santé et à l’environnement.
La nouvelle phase porte sur trois volets complémentaires : l’incinération sécurisée des déchets, la surveillance virologique rapide et l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique.
Mission de la Représentante résidente du PNUD
En début de semaine, Elsie Laurence Chounoune, représentante résidente du PNUD au Congo, est arrivée à Oyo pour une série de réunions techniques avec les directions hospitalières concernées.
Elle a d’abord échangé avec le Dr Oscar Logbo, directeur de l’Hôpital général Édith Lucie Bongo Ondimba, sur le calendrier prévisionnel de mise en service des nouveaux équipements.
Une seconde séance de travail a réuni la responsable de l’Hôpital Maman Mouebara, Mme Francine Boussoukou, autour des procédures de tri des déchets et des exigences de biosécurité.
« L’implication du personnel sera le gage de réussite, car l’innovation la plus coûteuse reste inutile si elle n’est pas correctement exploitée », a rappelé la diplomate onusienne.
Zoom sur l’incinérateur biomédical de dernière génération
Le brûleur, d’une capacité de 200 kg par cycle, utilise une double chambre programmable qui atteint 1 200 °C, température suffisante pour détruire la quasi-totalité des agents pathogènes.
Un filtre céramique couplé à un neutralisant chimique réduit fortement les particules et les dioxines avant rejet dans l’atmosphère, répondant ainsi aux normes de l’OMS et de la Banque mondiale.
Le dispositif sera alimenté au gasoil à faible teneur en soufre, disponible localement, afin de limiter les coûts d’exploitation et de garantir une continuité de service, même lors de coupures électriques.
Les travaux de génie civil affichent un taux d’achèvement de 85 %, avec la dalle renforcée, la cheminée double enveloppe et le local de contrôle déjà installés.
Selon le chef de chantier, la phase test débutera « dans moins de huit semaines, sous réserve de réceptionner les pièces électroniques actuellement en transit à Pointe-Noire ».
Un laboratoire de pointe dédié aux maladies virales
À quelques mètres de l’incinérateur, un bâtiment modulaire abritera un laboratoire de niveau de biosécurité 2+, destiné à dépister rapidement les agents viraux circulants dans la région.
Équipé de PCR temps réel et d’un système d’extraction automatisée, le site pourra traiter 300 prélèvements par jour, soit dix fois la capacité actuelle du district sanitaire.
Ce renforcement permettra de réduire les délais de diagnostic des fièvres hémorragiques et d’autres pathogènes prioritaires, améliorant ainsi la surveillance épidémiologique nationale.
Le ministère de la Santé prévoit d’adosser au laboratoire un programme de formation continue pour les techniciens, afin de garantir la maintenance et la qualité des résultats.
La connectivité internet par fibre optique offrira la possibilité de télé-expertises avec le Centre national de référence de Brazzaville et les partenaires internationaux.
Bénéfices sanitaires et environnementaux attendus
Chaque mois, les deux hôpitaux d’Oyo produisent près de 12 tonnes de déchets médicaux, jusque-là transportés sur plus de 400 km vers Brazzaville pour destruction.
La mise en service locale de l’incinérateur réduira significativement les émissions liées au transport routier et diminuera le risque d’accidents biologiques durant la manutention.
En parallèle, la capacité de diagnostic accrue du laboratoire permettra une réponse plus rapide aux flambées épidémiques, limitant la propagation des maladies vers les communautés environnantes.
Le PNUD estime que le temps de dépistage pourrait passer de trois jours à moins de six heures, un progrès « décisif pour sauver des vies ».
Des programmes de sensibilisation seront lancés dans les écoles et les marchés d’Oyo pour informer la population sur la bonne gestion des déchets et l’importance du dépistage précoce.
Feuille de route et perspectives à court terme
D’après le chronogramme validé cette semaine, l’incinérateur devrait entrer en phase d’essais techniques fin octobre, tandis que le laboratoire entamera ses premiers tests de validation interne début novembre.
Les deux structures seront officiellement inaugurées avant la fin de l’année, sous la supervision conjointe du ministère de la Santé et du PNUD, avec la participation annoncée des autorités locales.
Une seconde tranche de financement est envisagée pour équiper une pharmacie moderne et un dépôt de médicaments respectant les normes de température contrôlée, complétant ainsi l’écosystème sanitaire.
« Ces investissements démontrent l’engagement des partenaires à soutenir la vision stratégique du Chef de l’État pour un système de santé résilient et innovant », a conclu le Dr Logbo à l’issue des discussions.
