Noël solidaire à Brazzaville
La grande salle du Palais des congrès a vibré le 25 décembre au rythme des chants de Noël et des applaudissements d’enfants venus de dizaines de paroisses. Dès les premières heures, les uniformes bigarrés et les sourires donnaient au hall les allures d’une crèche vivante.
Au cœur de la manifestation, près de quatre cents enfants, sélectionnés par leurs églises respectives sans distinction de confession, attendaient la venue d’Antoinette Sassou N’Guesso. Pour beaucoup, il s’agissait de leur première visite dans ce haut lieu institutionnel souvent réservé aux grandes audiences.
Une Première dame mobilisée
Présidente de la Fondation Congo Assistance, l’épouse du chef de l’État a fait de la solidarité une promesse tenue depuis plus de quatre décennies. « Mettre un sourire sur le visage d’un enfant, c’est protéger notre futur », confie-t-elle volontiers à son entourage.
Cette année, la pandémie ayant reculé et les restrictions sanitaires levées, elle a voulu retrouver le contact direct avec les bénéficiaires. Le choix de cibler les églises répond, selon son cabinet, à l’objectif d’atteindre les communautés de base connues pour leur ancrage social.
Un culte œcuménique fédérateur
Avant la remise des présents, un service religieux commun fut célébré par des représentants catholiques, protestants et salutistes. Le verset de Matthieu 19:14, rappelant que le Royaume appartient aux enfants, a servi de fil rouge aux prières et aux chants.
Cette séquence spirituelle, préparée de longue date, a permis de placer la réflexion morale au centre de la fête. « Noël n’est pas que la distribution de jouets, c’est d’abord l’accueil de la lumière », a souligné le pasteur Élie Nkombo, reprenant le message du jour.
Des cadeaux porteurs de rêve
Au terme du culte, la Première dame a ouvert les grands rideaux rouges révélant des piles ordonnées de vélos, poupées, jeux de société et kits scolaires. Les yeux se sont élargis, et le brouhaha s’est mué en cris de joie difficilement contenus.
Chaque enfant a reçu un présent adapté à son âge, complété d’un sachet alimentaire contenant biscuits, jus et lait en poudre. « Je vais apprendre à ma petite sœur à faire du vélo », a lancé David, 9 ans, sous le regard amusé de ses camarades.
Présence remarquée des autorités
Autour de la Première dame se tenaient plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Irène Mboukou, ainsi que des sénateurs et députés de Brazzaville. Leur présence a réaffirmé le soutien institutionnel aux programmes de la Fondation.
Dans un bref discours, Blandine Malila, conseillère du chef de l’État et directrice de cabinet d’Antoinette Sassou N’Guesso, a rappelé « l’engagement concret » de sa patronne en faveur des plus vulnérables. Elle a remercié les partenaires publics et privés qui ont financé l’opération.
Appel à multiplier les actions
Prenant la parole à son tour, Mᵐᵉ Sassou N’Guesso a salué les bénévoles qui, tout au long de l’année, visitent orphelinats et hôpitaux pédiatriques. Elle a encouragé les collectivités à « développer leurs propres initiatives », soulignant que la Fondation ne peut agir seule partout.
Dans les coulisses, plusieurs responsables religieux déclaraient déjà vouloir pérenniser la dynamique. L’archevêque de Brazzaville a évoqué la possibilité d’un carrefour annuel axé sur l’enfant, soutenu par des ateliers santé et lecture. La mairie a promis de mettre des bus à disposition des quartiers périphériques.
La magie de Noël prolongée
Au sortir de la salle, les enfants brandissaient leurs jouets comme des trophées. Dans l’allée centrale, des parents prenaient des photos pour immortaliser l’instant. « Cette surprise redonne confiance aux familles qui traversent une période économique complexe », notait une travailleuse sociale du quartier Makelekele.
L’événement, relayé sur les réseaux sociaux de la Présidence, a généré des milliers de partages en quelques heures. De jeunes internautes, séduits par la démarche, ont lancé des collectes destinées à financer des goûters de quartier, preuve que la solidarité se transmet aussi en ligne.
Selon les organisateurs, l’opération a mobilisé près de cent bénévoles pour la logistique, la décoration et l’accueil. Les jouets, achetés auprès d’entreprises locales, témoignent également d’un soutien à l’économie nationale en cette période où commerçants et artisans cherchent à relancer leurs ventes.
En refermant les portes du Palais, Antoinette Sassou N’Guesso a glissé un mot d’espoir : « Que la flamme allumée ce soir continue de briller dans chaque foyer ». Le rendez-vous est déjà pris pour l’an prochain, horizon d’un engagement social qui se veut durable.
Perspectives pour 2024
Le service des projets de la Fondation travaille déjà sur une caravane ludique qui sillonnera les départements durant les prochaines vacances scolaires. Objectif : rapprocher les activités de lecture, de sport et de santé de base des localités rurales souvent éloignées des grandes infrastructures et services.
La responsable logistique, Clarisse Oba, indique qu’un appel à volontariat sera lancé dès février afin de recruter animateurs, infirmiers et chauffeurs. « Plus nous serons nombreux, plus l’impact sera réel », explique-t-elle, invitant entreprises et diasporas à soutenir financièrement le projet itinérant qui devrait couvrir 5 000 kilomètres.
