Un collège très attendu à Mfilou
Le calme quartier de Mfilou, au sud-ouest de Brazzaville, vient de franchir un cap décisif avec l’entrée en fonction du Collège d’enseignement général Louis Ngambio. L’établissement accueille depuis le 10 novembre ses premiers élèves et comble un vide scolaire longtemps décrié par les habitants.
Guidé par le ministre Jean Luc Mouthou, un cortège d’enseignants, de cadres du département de l’Enseignement général et de représentants locaux a parcouru les couloirs fraîchement peints. Le responsable a insisté sur la symbolique d’un collège public moderne implanté directement au cœur d’un quartier populaire.
Une mise en service portée par l’État
« Nous agissons conformément aux orientations du président Denis Sassou Nguesso, qui place l’éducation au centre du développement national », a déclaré le ministre à la sortie de la salle des professeurs, rappelant que le projet a été budgétisé et suivi par le gouvernement dès sa conception.
Pour le membre de l’exécutif, le nouveau collège illustre une promesse de proximité. Jusqu’ici, de nombreux adolescents de Mfilou parcouraient plusieurs kilomètres pour atteindre les collèges du cinquième arrondissement ou de Makélékélé, avec des frais de transport qui grevaient souvent le budget familial.
Continuité pédagogique et proximité
Le site choisi n’est pas anodin : les bâtiments se dressent dans l’enceinte même de l’école primaire Louis Ngambio, facilitant la continuité pédagogique. « Les parents peuvent désormais inscrire leurs enfants en sixième sans redouter la distance », a souligné Jean Luc Mouthou devant les notables du quartier.
Outre les salles de classe, le complexe dispose d’un bloc administratif, d’une bibliothèque lumineuse, d’un laboratoire de sciences et d’un espace numérique équipé de tablettes. L’ensemble a été conçu pour encourager des pratiques pédagogiques interactives et pour préparer les apprenants aux exigences d’un monde connecté.
Selon la direction du collège, l’architecture bioclimatique garantit une ventilation naturelle qui réduit la chaleur des salles en saison sèche, tout en limitant la consommation énergétique. Des rampes d’accès et des sanitaires adaptés témoignent également d’un souci d’inclusion pour les élèves à mobilité réduite.
Un chantier mené tambour battant
Les travaux, confiés à une entreprise nationale, ont mobilisé près de 120 ouvriers en six mois. Le chantier a été rythmé par des contrôles hebdomadaires de la direction départementale des Bâtiments scolaires afin de respecter les normes antisismiques et les délais fixés par le cahier des charges.
Des installations au service de la réussite
Pour l’année scolaire 2025-2026, deux niveaux seront effectivement ouverts : sixième et cinquième. La cheffe d’établissement, Colette Samba, anticipe un effectif de 517 élèves, répartis en cinq divisions pour garantir un nombre restreint d’apprenants par classe, condition jugée essentielle au suivi individuel.
Les inscriptions ont débuté dès le lendemain de la visite ministérielle. Les dossiers affluent, confirmant la demande latente. « Nous constatons un engouement remarquable ; les familles souhaitent réduire les charges de transport et la fatigue des enfants », confie la surveillante générale, impressionnée par la mobilisation communautaire.
Premiers effectifs et organisation
Sur le terrain, l’Association des parents d’élèves et étudiants du Congo, présidée à Mfilou par Narcisse Ngabanou, suit chaque étape. « Ce projet reflète l’attention portée à nos doléances. Nous continuerons de collaborer pour que l’entretien et la sécurité restent exemplaires », affirme le dirigeant associatif.
L’APEEC a déjà mobilisé un fonds participatif pour équiper la salle informatique en onduleurs et logiciels éducatifs, tandis qu’un partenariat avec un opérateur télécom local est envisagé pour la connexion haut débit. Les autorités municipales superviseront, pour leur part, l’aménagement des accès routiers et de l’éclairage public.
L’APEEC, partenaire vigilant
Sur le plan académique, le ministère annonce un recrutement ciblé de professeurs de mathématiques et de sciences physiques, disciplines en tension. Un accompagnement spécial en formation continue est prévu pour harmoniser les pratiques pédagogiques avec les standards recommandés par la direction de la qualité de l’enseignement.
Les projections budgétaires intègrent aussi la dotation en manuels, élaborée conjointement avec le Centre national de production des manuels scolaires. L’objectif est d’assurer, pour chaque élève, un livre par matière essentielle, de façon à réduire les disparités observées dans certains établissements périphériques.
Vers un réseau scolaire équilibré
À moyen terme, le gouvernement vise l’ouverture progressive de la quatrième et de la troisième, de manière que la première cohorte atteigne le Brevet d’études du premier cycle sur place dès 2028. Les études de faisabilité pour deux nouveaux bâtiments supplémentaires sont déjà confiées à l’Agence d’exécution des travaux.
Le ministre Mouthou estime que ce modèle d’implantation au sein d’une école primaire pourrait être dupliqué dans d’autres arrondissements densément peuplés, à l’image de Talangaï ou de Tié-Tié. « Un maillage scolaire équilibré réduit les inégalités territoriales et stimule la réussite collective », a-t-il martelé.
À Mfilou, l’heure est désormais à la fierté et à la préparation de la rentrée. Entre couches de peinture finales, installation des mobiliers et inscriptions qui s’enchaînent, le Collège Louis Ngambio se positionne comme un vecteur d’espoir scolaire et social pour toute la communauté du sud-ouest de Brazzaville.
