Panorama du handball congolais en 2023
De Brazzaville à Pointe-Noire, le handball demeure l’un des sports collectifs les plus ancrés dans les quartiers, héritage des Jeux d’Afrique de 1965 et des succès des Diables rouges dames, sacrées championnes continentales en 1983 et 1987.
Cette popularité contraste cependant avec des résultats irréguliers ces dernières saisons, conséquence de moyens limités, de la pandémie et de rivalités internes qui ont fragmenté les championnats provinciaux, parfois doublés de tournois indépendants non reconnus par la Fédération congolaise de handball.
Linda Ebendé-Ombroazine prône l’unité
Fraîchement élue à la présidence de la Fecohand, Linda Ebendé-Ombroazine Noumazalaï s’est engagée à refermer ces fractures. Sur la Radio nationale, elle a demandé à chaque dirigeant, entraîneur et joueur de mettre de côté les querelles d’égo au profit d’un « intérêt supérieur ».
« Le handball congolais ne peut grandir si chacun joue sa partition en solitaire », a-t-elle résumé, saluant les efforts déjà consentis par le ministère des Sports pour la logistique et la formation, et remerciant les clubs qui continuent d’alimenter régulièrement les sélections nationales.
Rappel strict du cadre réglementaire
La dirigeante a rappelé que les textes restent la boussole. Toute compétition organisée sans l’aval de la Fecohand s’expose à une amende maximale d’1,5 million de francs CFA et au retrait d’affiliation, conformément à l’article 46 du Code congolais du sport.
Elle a également mis en garde contre les propos « diffamatoires et mensongers » diffusés sur les réseaux sociaux, estimant qu’ils sapent la confiance des partenaires et risquent d’éloigner les rares sponsors qui soutiennent encore les tournois juniors et les déplacements des équipes premières.
Objectif CAN Rwanda 2024
La priorité immédiate reste la 7e Coupe d’Afrique des Nations, prévue du 21 au 31 janvier au Rwanda. Après un échange jugé « constructif » avec le ministre Hugues Ngouolondélé, la présidente assure que les conditions matérielles pour envoyer les formations masculine et féminine sont désormais acquises.
Le budget transport-hébergement aurait été sécurisé grâce à une réorientation de crédits déjà alloués au programme national d’élite, tandis que les équipements seront fournis par un partenaire privé, dont le nom sera communiqué une fois la convention signée, a-t-elle précisé, confiante.
La diaspora, vivier de talents
Pour élargir la base de sélection, un dispositif de détection fonctionne depuis deux mois en Île-de-France, animé par d’anciens internationaux. Les binationaux susceptibles de renforcer la charnière arrière ou la cage des Diables rouges sont évalués via des séances filmées puis transmises au staff technique.
Une première liste de huit joueurs évoluant en Nationale 2 française a déjà reçu un accord de principe pour rejoindre la préparation finale à Kigali. Cet apport extérieur vise à combler l’écart athlétique constaté l’an dernier face à l’Angola et au Cap-Vert.
Stage intensif des Diables Rouges locaux
Parallèlement, un stage fermé réunit depuis le 27 novembre quatorze athlètes locaux au gymnase Nicole Oba de Talangaï. Menés par le sélectionneur Serge Guy Rock Okomo, ils enchaînent séances tactiques matinales, musculation l’après-midi et oppositions filmées le soir pour l’analyse vidéo.
Les entraîneurs insistent sur la défense 6-0, traditionnel point fort congolais. Le bloc est jugé solide mais nécessite plus de vitesse de replacement, selon l’assistant technique, qui rappelle que le handball africain s’accélère et que 60 % des buts au dernier Africain provenaient de contre-attaques rapides.
Gestion des absences et rôle des clubs
Sur les dix-huit joueurs initialement convoqués, quatre ont décliné l’appel. La présidente regrette ce qu’elle qualifie de « boycott injustifié », tout en relativisant : les clubs concernés traversent le pic de leur saison civile et hésitent à libérer leurs cadres sans compensation financière.
Elle souligne que des discussions restent ouvertes avec les directions sportives pour trouver un compromis gagnant-gagnant, rappelant que la vitrine d’une CAN sert aussi à valoriser les joueurs sur les marchés professionnels, notamment en Tunisie ou dans le championnat français Proligue.
Des résultats internationaux encourageants
Le récent tournoi du cinquantenaire de l’indépendance d’Angola a offert un éclairage positif. Les dames ont terminé deuxièmes, cédant de justesse face aux Palancas Negras. Ce podium signe le retour du Congo dans le top continental féminin après trois ans d’absence des parquets internationaux.
En revanche, les hommes ont dû renoncer, faute de budget. « Nous n’avons pas bénéficié d’un sponsor transport dans les délais », reconnaît Linda Ebendé, tout en relevant que la Fecohand a préféré concentrer ses maigres ressources sur la préparation d’une participation pleine et entière à la CAN.
Perspectives et agenda de la Fecohand
Avant la fin de l’année, la Fédération présentera un calendrier rénové des championnats départementaux, adossé à un code de bonne conduite signé par les clubs. La présidente espère que ce texte, couplé à un programme de formation d’arbitres, rétablira la confiance et encouragera de nouveaux partenariats.
À moyen terme, la Fecohand ambitionne d’introduire un championnat universitaire, en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, afin de sécuriser le vivier des moins de 23 ans et d’offrir des passerelles sport-études aux talents émergents.
