Un tournoi national pour raviver la flamme du handball
Du 12 au 22 décembre 2025, Brazzaville bat au rythme du handball. Quarante-trois clubs congolais et quatre invités de Kinshasa disputent un tournoi senior voulu comme un trait d’union entre les départements, à l’initiative du général de brigade Serge Oboa.
Annoncée quelques semaines après le succès du challenge « J’aime la Bouenza au sens propre » à Madingou, cette nouvelle compétition poursuit la même ambition : élargir la base des pratiquants et relancer, par l’événementiel, une discipline qui a longtemps apporté des médailles au Congo.
Une organisation portée par la Dynamique Le Réveil
Le tournoi se tient sous l’égide du mouvement « Dynamique Le Réveil du handball congolais », structure citoyenne animée par des cadres sportifs et militaires. À sa tête, le général Oboa mise sur l’expérience du colonel Christelle Colombe Bouaka et d’Avicenne Nzikou pour gérer la logistique.
La coordination affirme avoir mobilisé plus de deux cents bénévoles, répartis entre l’accueil des délégations, la sécurité des espaces et la gestion numérique des feuilles de match. Des comités locaux, notamment à Makélékélé et à l’INJS, ont préparé les gymnases plusieurs semaines à l’avance.
Pour Princess Camille Bemba, chargée des relations médias, l’objectif est clair : « Chaque participant doit repartir avec le sentiment d’avoir grandi, pas seulement sportivement, mais humainement ». Elle précise que des ateliers de sensibilisation au civisme et au respect des arbitres sont tenus en marge des rencontres.
Cérémonie d’ouverture : couleurs, musiques et symboles
Le 12 décembre, un carnaval motorisé traverse l’avenue de la Paix avant de remonter vers Poto-Poto, attirant badauds et commerçants. Sous les klaxons, les supporters agitent banderoles vert-jaune-rouge et maillots des Diables rouges, rappelant que le handball demeure un ferment d’identité nationale.
Le rassemblement final a lieu au stade Michel-d’Ornano, où la journaliste et marraine Aline France Etokabéka salue « un projet qui dépasse le cadre sportif ». Entourée d’élus et de responsables associatifs, elle donne le premier engagement devant un gymnase plein à craquer.
Le député Jean-Claude Ibovi rappelle dans une brève allocution que le Congo fut champion d’Afrique dames en 1987 et que « chaque génération a le devoir de relancer ce palmarès ». Des mots que reprend Prince Michrist Kaba-Mboko, invitant la jeunesse à profiter d’infrastructures modernisées.
Des rencontres réparties sur trois sites emblématiques
Durant dix jours, la plateforme de l’IPES de Makélékélé, celle de l’INJS et le gymnase Colonel Michel-d’Ornano accueillent seize matches quotidiens, arbitres et délégués tournant pour garantir l’équité. Les affiches vedettes sont programmées en soirée afin de permettre aux travailleurs de participer à la fête.
La première rencontre dames voit la DGSP dominer Inter-Club 23 à 8, portée par l’ailière Clarisse Ngouabi, auteure de huit réalisations. Chez les hommes, les policiers d’Étoile du Congo surprennent Patronage Sainte-Anne au terme d’un duel tendu, scellé par un but au buzzer.
Les délégations de Kinshasa, logées à l’internat de l’INJS, saluent l’accueil. « Nous avons traversé le fleuve pour jouer mais aussi pour nouer des liens », confie l’entraîneur de Mikishi, Marcel Lofemba. Des supporters chants lingala apportent une note transfrontalière rare dans les compétitions locales.
Présent le 14 décembre, le général Oboa se rend à chaque table technique, échangeant sur les feuilles de statistiques, avant d’encourager bénévoles et officiels. Son passage éclair rassure les organisateurs et rappelle l’engagement permanent de la DGSP dans le financement des sports collectifs.
Au-delà du score, un message de cohésion et de fair-play
La coordonnatrice générale insiste quotidiennement sur la discipline : retards pénalisés, bancs limités, respect absolu du public. Dès la mi-compétition, les commissaires notent une baisse des contestations d’arbitrage, signe que les joueurs intègrent la dimension pédagogique voulue par la Dynamique Le Réveil.
Plusieurs clubs profitent des matinées sans match pour visiter des écoles de Brazzaville, évaluer la possibilité d’y créer des sections jeunes. Les officiels voient là un héritage concret du tournoi, tandis que les enseignants saluent une initiative qui ouvre des perspectives d’orientation sportive à leurs élèves.
Sur les réseaux sociaux, le mot-dièse #HandCohésion2025 cumule déjà des milliers d’interactions. Vidéos d’arrêts spectaculaires, danses des supporters et conseils nutritionnels de la commission médicale se mêlent, donnant au tournoi une visibilité nationale inédite. Pour beaucoup d’observateurs, le pari de la modernité est réussi.
La finale est attendue le 22 décembre. Sans préjuger du vainqueur, la Direction technique nationale espère surtout identifier des talents pour les sélections A’ et junior 2026. « Nous voulons bâtir sur le long terme », confie l’entraîneur national adjoint, rappelant que la CAN 2028 se prépare dès maintenant.
À l’issue du tournoi, un rapport d’évaluation sera remis au ministère des Sports pour appuyer la candidature de Brazzaville à l’accueil d’un futur championnat d’Afrique des clubs champions. Les données de fréquentation et de retombées économiques seront analysées afin de montrer l’impact positif de tels événements.
Pour les supporters, le rendez-vous de décembre offre un souffle d’optimisme avant les fêtes de fin d’année. Dans les quartiers, l’on espère que la réussite du tournoi inspirera d’autres disciplines à organiser des compétitions semblables, consolidant ainsi la place du sport dans la cohésion nationale.
