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    Politique

    Fake news à la carte : la diplomatie de la désinformation se sert des réseaux

    Publié par Solange Mavoungou27/06/2025
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    Une affaire de fausse couverture qui enflamme les réseaux est-africains

    Le 14 juin 2025, une image prétendument tirée du Saturday Standard circule à vive allure sur X et WhatsApp au Kenya. Sur la maquette, un titre lapidaire – « Commercial Activists » – accuse des militants de vivre dans l’opulence tout en « instrumentalisant les pauvres ». À première vue, la typographie, la colonne d’ours et la date respectent les canons graphiques du quotidien nairobien. Or la rédaction du Standard publie aussitôt la véritable version de son édition : « Big fish free, small ones fried ». L’écart visuel semble mince, mais la distorsion éditoriale est majeure. Le faux a pourtant déjà touché son audience, déclenchant une salve de commentaires hostiles à l’endroit de figures emblématiques telles que le photojournaliste Boniface Mwangi.

    Ce montage intervient alors que la jeunesse kényane descend dans la rue pour dénoncer la mort du blogueur Albert Ojwang, imputée à des agents de police. Les conditions sont réunies pour qu’une campagne de délégitimation prospère : émotion collective, usage massif du smartphone et polarisation accrue entre partisans de la réforme et défenseurs du statu quo.

    Stratégies de délégitimation : comment sape-t-on la parole citoyenne ?

    Plus qu’une simple imposture graphique, la fausse une kenyane illustre une méthode éprouvée du répertoire informationnel contemporain : substituer la critique factuelle par le soupçon de mercantilisme. En amalgamant « ONG », « financements étrangers » et « gated communities », ses promoteurs construisent une narration où l’activiste devient « professionnel » au sens péjoratif du terme, et donc illégitime. La même rhétorique s’était déjà exercée contre les mouvements Fees Must Fall en Afrique du Sud ou Y’En A Marre au Sénégal, accusés d’être télécommandés.

    Les spécialistes de la communication politique décrivent ce procédé comme un transfert de crédibilité inversé : plutôt que d’attaquer le message, on attaque la supposée aisance matérielle du messager pour créer de la dissonance cognitive au sein de l’opinion (Kenya Editors Guild). Dans le cas présent, la culbute iconographique – substituer des photos familiales de Mwangi à l’illustration originale – renforce l’idée d’enrichissement personnel, une accusation particulièrement sensible dans une région où la lutte contre la corruption figure en tête des priorités populaires.

    Résonances régionales et enjeux de stabilité politique

    L’incident kényan ne se cantonne pas au périmètre national ; il résonne dans toute la sous-région. Les chancelleries constatent qu’en contexte de forte connectivité mobile, une seule image falsifiée suffit à corroder la confiance institutionnelle, provoquer des réactions de rue et durcir les postures partisanes. Dans les capitales d’Afrique centrale, où les gouvernements œuvrent à maintenir la cohésion sociale, l’alerte est prise au sérieux.

    Au Congo-Brazzaville, les autorités rappellent régulièrement, par la voix du porte-parole du gouvernement, que la liberté d’expression va de pair avec la responsabilité éditoriale. Le ministère de la Communication a d’ailleurs renforcé son partenariat avec la Haute Autorité de la Communication afin de détecter rapidement les fausses nouvelles susceptibles de menacer l’ordre public, tout en garantissant le pluralisme des opinions. Cette approche est saluée par plusieurs observateurs de l’Union africaine comme un exemple de coopération entre régulateur, médias publics et presse indépendante.

    Le rôle cardinal de la presse professionnelle face aux forgeries numériques

    L’expérience kenyane rappelle l’impérieuse nécessité, pour les rédactions, de publier systématiquement leurs unes authentiques sur des canaux vérifiés. Les grands titres d’Afrique centrale, à commencer par Les Dépêches de Brazzaville, se sont dotés de dispositifs d’authentification visuelle – filigranes dynamiques, signatures cryptographiques – afin de prémunir leurs contenus. L’enjeu dépasse la simple réputation éditoriale : il touche à la crédibilité de l’information dans un environnement où l’internaute consulte majoritairement les gros titres via des captures d’écran sorties de leur contexte.

    Parallèlement, les écoles de journalisme de la région intègrent désormais des modules de vérification numérique et de traçabilité des images. « Nous formons nos étudiants à repérer une altération de pixels avant d’apprendre la théorie des genres journalistiques », souligne un enseignant de l’Institut universitaire de l’information et de la communication de Brazzaville. Ce renforcement des compétences techniques constitue un premier rempart contre la propagation virale des contrefaçons.

    Vers une diplomatie de l’information concertée en Afrique

    Conscientes que la bataille des récits se joue désormais en ligne, plusieurs capitales africaines plaident pour une coordination diplomatique à l’échelle continentale. L’idée d’un protocole d’entraide en matière de cybersécurité et de fact-checking, évoquée lors du dernier Sommet des Chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, ouvre des perspectives inédites. Le Congo-Brazzaville, qui préside cette année l’organisation, a inscrit la lutte contre la désinformation au rang de priorité stratégique, mettant l’accent sur la sensibilisation plutôt que sur la censure.

    À terme, l’objectif partagé n’est pas de restreindre la critique légitime mais de préserver l’espace public des manipulations susceptibles de dégénérer en violence politique. Comme le rappelle le chercheur camerounais Achille Mbembe, « une démocratie se mesure moins à l’absence de contestation qu’à la qualité de ses désaccords ». Pour que ces désaccords demeurent productifs, encore faut-il qu’ils reposent sur des faits vérifiés. La fausse une kenyane, désormais archivée dans les manuels de contre-propagande numérique, vient opportunément rappeler l’urgence de cette ambition.

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