Solidarité médicale à Kombé : 57 orphelins soignés
Le Village d’enfants Cardinal Emile Biayenda, situé à Kombé dans le 8e arrondissement Madibou, a vibré sous un même élan de générosité. Cinquante-sept orphelins y ont bénéficié d’une prise en charge sanitaire complète lors de la journée “Santé pour tous” organisée le 12 décembre.
Portée par l’ambassade de la République bolivarienne du Venezuela, l’initiative répond à un objectif simple : rapprocher des services médicaux gratuits des enfants privés de protection familiale, et rappeler le rôle des missions diplomatiques dans le raffermissement des liens humains entre Brazzaville et ses partenaires.
Dans la cour, sous les tentes dressées dès l’aube, les mineurs ont tour à tour présenté leur carnet de santé avant de rencontrer les médecins. Les sourires, parfois timides, traduisaient un soulagement visible chez ces jeunes déjà confrontés à de nombreux défis quotidiens.
Le secrétaire général de la Fédération des communautés étrangères en République du Congo, Tharlisse Tshitundu Kahonji, a salué l’opération et appelé les autres chancelleries à “multiplier les actions de compassion pour un meilleur vivre-ensemble”, rappelle-t-il, enthousiaste au micro des journalistes.
La touche cubaine dans la brigade médicale
Deux praticiennes cubaines, les docteures Yolandra Corris Zamora et Leidys Vicet Kindilan, ont assuré les consultations. Formées à la pédiatrie communautaire, elles ont identifié sept cas nécessitant un suivi plus approfondi : infections respiratoires, mycoses, céphalées et dermatoses.
“Les enfants sont les cadres de demain, soigner reste pour moi une vocation”, a confié la cheffe de brigade, le regard encore rivé sur les résultats de tension artérielle soigneusement consignés. Son équipe s’est dite prête à revenir “aussi souvent que nécessaire”.
Le soutien cubain s’inscrit dans une coopération médicale historique avec le Congo. Depuis plusieurs décennies, les médecins de La Havane interviennent dans les hôpitaux publics, contribuant à la formation continue des professionnels locaux et à l’élargissement de l’accès aux soins primaires.
Pour cette journée spécifique, une pharmacie mobile a été improvisée sur place. Les enfants repartent avec des antibiotiques, des antifongiques ou de simples vitamines, prescrits après diagnostic, afin d’éviter les ruptures de traitement qui surviennent souvent dans les structures d’accueil à budget limité.
Des dons matériels pour soutenir le quotidien
Au-delà des actes médicaux, l’ambassadrice du Venezuela, Laura Evangelia Suarez, a remis des cartons de riz, de farine, d’huile et de lait en poudre, ainsi qu’un lot de médicaments courants. Elle y voit “une modeste façon de dire merci à la communauté congolaise pour son hospitalité”.
Le responsable de l’orphelinat, Jean Didier Mayembo, a accueilli le geste avec reconnaissance. Il rappelle que l’établissement, ouvert depuis 1997, fonctionne grâce aux subventions publiques, aux dons privés et à l’élevage de volaille entretenu par les éducateurs pour réduire les coûts alimentaires.
La distribution a été supervisée par le directeur général des Affaires sociales, Christian Roch Mabiala, qui a salué une contribution “alignée sur la politique nationale de protection de l’enfant”. Son passage a également permis de réaffirmer l’engagement de l’État à appuyer les initiatives philanthropiques crédibles.
Un dispositif de suivi médical envisagé
Bien que la majorité des pathologies dépistées soient bénignes, les médecins ont délivré un calendrier de visites de contrôle pour éviter toute complication. Le carnet de santé de chaque pensionnaire sera mis à jour et transmis au centre de santé de Madibou pour un accompagnement régulier.
Un formulaire de consentement a par ailleurs été signé par la direction de l’orphelinat, autorisant la brigade à stocker les données médicales dans un registre confidentiel. Cette étape vise à harmoniser le suivi avec les normes actuellement appliquées dans les structures sanitaires publiques.
La collaboration pourrait s’étendre à des ateliers d’hygiène préventive. Selon une source interne, les équipes envisagent d’aborder la nutrition, le lavage des mains et la santé bucco-dentaire, trois volets régulièrement identifiés dans les enquêtes ministérielles comme facteurs clés de la bonne croissance infantile.
Cap sur d’autres localités congolaises
L’ambassadrice vénézuélienne a annoncé vouloir répliquer l’événement dans d’autres départements, citant la Sangha et la Bouenza. Ces futures étapes suivent le précédent don de vivres effectué à Pokola au profit des peuples autochtones, preuve d’une démarche inscrite dans la durée.
Pour Tharlisse Tshitundu Kahonji, “un partenariat fondé sur la santé et l’éducation favorisera la confiance entre populations et communautés étrangères”. Il dit espérer la mobilisation d’entreprises privées, qui pourraient financer des campagnes de vaccination ou de dépistage visuel dans les écoles rurales.
L’État, de son côté, veille à la coordination. Les dossiers relatifs aux orphelinats font l’objet d’un inventaire national présenté chaque semestre. Cette cartographie sociale offre un cadre aux acteurs internationaux souhaitant intervenir, garantissant que les efforts se complètent plutôt qu’ils ne se chevauchent.
Au Village d’enfants Cardinal Emile Biayenda, la tombée de la nuit s’est accompagnée d’un chant improvisé par les plus grands. Entre deux refrains, l’un d’eux chuchote : “Aujourd’hui, on a senti qu’on comptait vraiment”. Un message qui résume la portée humaine de l’opération.
