Une journée mondiale sous le signe de l’innovation
Le 7 décembre, le Congo a joint sa voix à celles des États membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale pour marquer la Journée internationale de l’aviation civile. Cette édition retient comme fil conducteur : « Faire de l’innovation le moteur d’un transport aérien plus sûr, plus efficace et plus durable ».
Au pied de la tour de contrôle de Maya-Maya, la ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, a rappelé que l’aviation représente « un levier de mobilité, de modernisation des infrastructures et d’intégration régionale ». Un message accueilli avec attention par les professionnels du secteur.
Enjeux d’un secteur vital pour l’économie
Le transport aérien génère des emplois directs et stimule le tourisme, le commerce ainsi que les investissements. Desservant Brazzaville, Pointe-Noire et les capitales voisines, les compagnies opérant au Congo conviennent qu’un ciel sûr attire davantage de passagers, réduit les coûts logistiques et renforce la compétitivité des exportateurs locaux.
« Nous devons hisser notre aviation au niveau des standards internationaux pour soutenir la croissance », a insisté la ministre, citant la Stratégie nationale de développement 2022-2026 qui fait de la connectivité une priorité.
Cap sur l’innovation et la sécurité
La digitalisation des procédures, la mise en place de la navigation par satellite et l’usage d’outils de surveillance avancés constituent la triple réponse du Congo aux exigences du trafic moderne. Le programme prévoit l’automatisation du traitement des plans de vol et la gestion électronique des redevances aéronautiques.
À Maya-Maya et à l’aéroport international Agostinho-Neto, des stations ADS-B ont déjà été installées pour suivre les trajectoires en temps réel et anticiper les conflits de trajectoires. Les équipes techniques soulignent une réduction des alertes de proximité grâce à cet équipement de nouvelle génération.
La dimension environnementale est également prise en compte : optimisation des profils de descente pour diminuer la consommation de carburant, promotion des carburants d’aviation durables et plantation de 5 000 arbres autour des zones aéroportuaires afin de compenser les émissions.
Harmonisation avec les standards de l’OACI
Malgré des progrès, le pays vise un meilleur score au programme universel d’audit de supervision de la sécurité (USOAP). Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas a invité les services techniques à préparer la prochaine mission d’évaluation prévue par l’OACI, gage de transparence et d’attractivité pour les investisseurs.
L’École africaine de la météorologie et de l’aviation civile à Douala accueillera dès janvier 2024 vingt-cinq inspecteurs et contrôleurs congolais pour un stage de recyclage. À leur retour, ceux-ci devront renforcer les inspections d’aire de mouvement et la certification des exploitants.
Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a réitéré son soutien financier pour moderniser les équipements de radionavigation, rappelant que « la sécurité aérienne est un service public stratégique ».
Partenariats nationaux et internationaux
Pour tenir ce calendrier, Brazzaville s’appuie sur l’ASECNA pour la maintenance des systèmes de communication et sur la Banque africaine de développement pour la rénovation des pistes régionales. Des discussions sont en cours avec Airbus, Thales et la China National Aero-Technology Import & Export Corporation afin d’optimiser les coûts.
Les compagnies nationales et privées – Equaflight, Trans Air Congo et Air Congo Express – participent au comité de suivi. Leur contribution logistique est jugée essentielle pour tester les nouveaux outils avant déploiement à grande échelle.
Impacts attendus pour les voyageurs et les entreprises
La mise à jour des procédures de contrôle aux frontières promet de réduire le temps d’attente à l’arrivée à moins de quinze minutes, contre trente aujourd’hui. Les transporteurs de fret anticipent une baisse des frais d’entreposage, grâce à la facturation électronique et à la traçabilité en temps réel des colis.
Ces améliorations devraient accroître la confiance des tour-opérateurs et soutenir le plan national de relance du tourisme, ciblant 600 000 visiteurs annuels à l’horizon 2026. Pour la diaspora, des vols plus fréquents et des correspondances fluides offriront un lien renforcé avec le pays.
Calendrier des projets prioritaires
Le ministère table sur l’extension des aérogares d’Ollombo et de Nkayi d’ici fin 2025, ainsi que sur l’installation d’un radar primaire à Pointe-Noire. Un appel d’offres international a été publié pour la fourniture de véhicules de lutte contre l’incendie conformes à la catégorie 9 de l’OACI.
La transition numérique s’accélère également. Pour 2024, le déploiement d’une plateforme de gestion des licences de personnel navigant est prévu, tandis qu’une application mobile destinée au suivi en temps réel des vols domestiques est en phase de test bêta auprès de 2 000 passagers volontaires.
Une ambition partagée
En clôturant la célébration, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas a assuré les partenaires que « l’aviation civile congolaise sera moderne, compétitive, résiliente et ouverte sur le monde ». La feuille de route présentée montre que le gouvernement veut conjuguer sécurité, innovation et développement durable pour que le ciel national demeure un vecteur de progrès.
