Un partenariat majeur pour le football africain
Le groupe sud-africain SuperSport et la Confédération africaine de football viennent d’officialiser un accord qui confie à la chaîne sportive les droits de diffusion de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 prévue au Maroc. L’annonce a été faite à Johannesburg devant la presse continentale aujourd’hui.
Autour de la table, le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, et les dirigeants de Canal+/MultiChoice ont salué un contrat présenté comme « historique » pour l’essor du football africain, promettant une qualité de production équivalente aux plus grandes compétitions planétaires pour les téléspectateurs du continent.
Selon les termes communiqués, SuperSport assurera la transmission en anglais mais aussi dans plusieurs principales langues locales, depuis le swahili jusqu’au lingala, couvrant ainsi la quasi-totalité de l’Afrique subsaharienne et renforçant la proximité culturelle avec les fans présents dans les villes et zones rurales.
Une chaîne dédiée pour une couverture multilingue
Une nouvelle chaîne dédiée sera lancée avant la compétition pour proposer matchs en direct, magazines d’analyse, documentaires d’archives et interventions d’anciennes gloires comme Nwankwo Kanu ou Trésor Mputu, afin de contextualiser chaque rencontre et de toucher les jeunes générations connectées partout sur le continent africain.
Pour la CAF, ce partenariat constitue une étape supplémentaire vers la sécurisation de revenus commerciaux visant à soutenir le développement des championnats nationaux, des infrastructures d’entraînement et des programmes féminins, a rappelé Patrice Motsepe, évoquant « une redistribution plus équitable des recettes » à travers chaque fédération.
Le directeur commercial de SuperSport, Marc Jury, a souligné que la chaîne investira dans la production 4K, la réalité augmentée et des studios itinérants sur les douze villes hôtes marocaines afin de « rapprocher les stades des salons africains » dès la phase de groupes en 2025.
Les experts des droits sportifs estiment que l’accord, dont le montant n’a pas été officialisé, franchit le cap symbolique des dernières éditions et devrait attirer des annonceurs majeurs du secteur bancaire, des télécoms et des boissons, friands d’audience panafricaine durant la période janvier-février de diffusion.
Ce que cela change pour le public congolais
À Brazzaville et Pointe-Noire, les bars sportifs anticipent déjà une hausse de fréquentation. « Les écrans géants seront prêts », confie Jérôme Mankaba, gérant d’un pub du quartier Mfilou, convaincu que la disponibilité des commentaires en lingala créera une atmosphère « encore plus vibrante » pour chaque soirée décisive.
L’Association congolaise de football amateur salue aussi l’opportunité éducative : les écoles partenaires prévoient des séances de décodage tactique en classe afin d’encourager la compréhension du jeu et d’inspirer la prochaine génération de Diables Rouges tout en promouvant la discipline et le fair-play chez les jeunes.
Le ministère des Sports envisage l’installation d’écrans publics dans plusieurs chefs-lieux départementaux pour garantir l’accès gratuit et collectif, mesure accueillie favorablement par les associations de quartier qui y voient un outil de cohésion sociale, surtout durant les affiches impliquant la sélection nationale congolaise senior.
Enjeux économiques et technologiques
Sur le plan technologique, la diffusion via satellite sera doublée d’un streaming à faible latence sur l’application Showmax, permettant aux abonnés congolais disposant d’une connexion 4G d’accéder aux rencontres sur smartphone sans surcoût de données grâce à des accords avec les opérateurs locaux Airtel Congo.
Les start-up de l’écosystème numérique brazzavillois espèrent profiter de l’exposition pour proposer des jeux de pronostics, des filtres de réalité augmentée et des podcasts quotidiens, créant ainsi des emplois temporaires dans la création de contenu sportif durant les six semaines de la compétition au Maroc.
Au-delà des recettes directes, les économistes rappellent que chaque million de téléspectateurs supplémentaires stimule la valeur perçue de la marque Congo, renforçant l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers, notamment dans le tourisme et les infrastructures, selon l’analyste Armand Tchicaya joint par téléphone vendredi après-midi.
Vers une CAN 2025 plus proche des supporters
Sur le terrain sportif, l’équipe nationale congolaise poursuit ses éliminatoires. Le sélectionneur Isaac Ngata voit dans cet accord une source de motivation supplémentaire : « Savoir que nos matchs seront vus depuis Dakar jusqu’à Dar es Salaam galvanise les joueurs », affirme-t-il au sortir d’un entraînement matinal vendredi.
La CAN 2025 promet déjà des nouveautés réglementaires, parmi lesquelles l’introduction des cinq remplacements permanents et la possibilité d’un sixième changement en cas de prolongation, dispositions que la CAF estime indispensables pour protéger la santé des athlètes dans le climat marocain chaud de l’été africain.
En coulisses, les diffuseurs travailleront étroitement avec le comité d’organisation marocain pour étaler les horaires de coup d’envoi et éviter les pics de canicule, tout en garantissant une programmation compatible avec les prime times d’Afrique centrale, cherchant la meilleure audience sur chaque fuseau horaire clé.
Au final, l’alliance CAF-SuperSport illustre la montée en puissance d’un secteur audiovisuel africain désormais capable de valoriser ses propres compétitions. Pour les supporters congolais, rendez-vous est pris en 2025 pour vibrer ensemble devant des images produites sur le continent et commentées dans leur langue préférée.
