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    Économie

    46 milliards CFA de la Banque mondiale : Brazzaville tiendra-t-elle parole ?

    Publié par Jean Dupont26/06/2025
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    Une nouvelle perfusion budgétaire record

    Deux ans à peine après les premiers décaissements, le Sénat congolais a donné son feu vert à un troisième financement de la Banque mondiale, fixé à 70,6 millions d’euros. L’enveloppe, équivalant à 46,3 milliards de francs CFA, est présentée comme le maillon final d’une série d’opérations destinées à « la gestion budgétaire et la croissance inclusive ». À Brazzaville, le ministre des Finances, Christian Yoka, a voulu rassurer : « Le gouvernement est pleinement engagé dans la mise en œuvre des réformes convenues avec notre partenaire multilatéral », a-t-il déclaré devant la Haute Chambre.

    L’institution de Washington souhaite, quant à elle, refermer un cycle entamé en 2022 autour de la stabilisation des comptes publics. Les deux premières tranches, totalisant près de 36 milliards CFA sous forme de crédits concessionnels, ont déjà permis, selon la Banque, d’améliorer la transparence budgétaire et d’augmenter la part des dépenses sociales. Le prêt de 10,95 milliards CFA, octroyé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, s’inscrit dans une logique plus classique de financement de projets, mais renforce la même architecture de surveillance macroéconomique.

    Entre endettement prudent et dépendance structurelle

    Le nouveau décaissement intervient alors que la dette publique congolaise se stabilise autour de 87 % du PIB, un niveau jugé « élevé mais soutenable » par le Fonds monétaire international. Depuis 2021, Brazzaville parvient en effet à honorer ses remboursements, adossée à la reprise des cours du pétrole, qui représente encore 80 % de ses recettes d’exportation. Les créanciers restent néanmoins vigilants : toute contraction brutale des prix du baril raviverait les tensions sur la trésorerie de l’État, lequel affiche un déficit primaire encore supérieur à 2 % du PIB.

    En coulisse, les bailleurs redoutent une forme de dépendance au financement concessionnel. « Le risque est de voir l’appui budgétaire se substituer à la mobilisation des ressources intérieures au lieu de la stimuler », confie un diplomate africain accrédité à la Banque mondiale. Le gouvernement souligne à l’inverse le caractère transitoire du soutien et met en avant la réforme de la taxe sur la valeur ajoutée ou la numérisation des douanes comme signes de sa volonté de rompre avec l’ancienne rente pétrolière.

    Les promesses de réformes, du tableau noir aux caisses de l’État

    Les conditionnalités de la troisième tranche portent sur des domaines jugés prioritaires : santé, éducation, gouvernance et lutte contre la corruption. L’exécutif doit notamment accroître la proportion du budget allouée aux services sociaux essentiels, renforcer les audits des entreprises publiques et publier systématiquement les contrats miniers et pétroliers. L’objectif affiché est de ramener les dépenses sociales à au moins 35 % du budget d’ici à 2026, contre 28 % aujourd’hui.

    Sur le terrain, la matérialisation de ces réformes reste inégale. Dans les couloirs du ministère de la Santé, un conseiller technique admet que « les procédures de passation de marché sont encore longues et manquent de lisibilité ». Du côté des enseignants, le Syndicat national des personnels de l’éducation déplore que la hausse salariale annoncée en 2023 ne soit toujours pas effective. Ces lenteurs nourrissent une exaspération sociale que le pouvoir ne peut ignorer alors qu’il réclame un effort fiscal supplémentaire aux ménages.

    Un calendrier politique et social sous tension

    L’année 2024 n’offre guère de répit à l’exécutif, confronté à une jeunesse dont 42 % est au chômage ou sous-employée. Le recentrage du Plan national de développement 2022-2026 sur « les aspirations des jeunes » constitue une réponse symbolique, mais son financement demeure conditionné à la mobilisation de ressources domestiques. La rue, parfois, fait entendre son impatience : en avril, des manifestations étudiantes à Pointe-Noire ont rappelé la fragilité de la paix sociale.

    Dans ce contexte, la Banque mondiale avance ses pions avec prudence. Tout dérapage sécuritaire ou électoral pourrait entraîner la suspension des décaissements, comme cela est stipulé dans la matrice de performance convenue avec le ministère des Finances. Le pouvoir congolais, soucieux de stabiliser son image avant la présidentielle de 2026, sait qu’il joue ici une partie serrée.

    La Banque mondiale et le FMI : complémentarités et divergences

    La conclusion, en mars dernier, de la sixième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit du FMI a ouvert la voie au versement de 64 millions de dollars supplémentaires. Le FMI insiste sur la discipline budgétaire et la gestion de la dette, tandis que la Banque mondiale privilégie le renforcement des filets sociaux. Les deux institutions convergent toutefois sur la nécessité de réformes structurelles ambitieuses, condition sine qua non pour maintenir la confiance des créanciers privés.

    Les défenseurs d’une approche plus keynésienne regrettent que les objectifs de croissance inclusive soient trop souvent subordonnés aux impératifs de discipline budgétaire. À l’inverse, certaines ONG locales accusent la Banque mondiale de financer un appareil d’État qu’elles jugent encore opaque. Entre ces deux pôles, le gouvernement tente de tracer une ligne médiane faite de concessions symboliques et d’ajustements progressifs.

    Quel signal pour les partenaires régionaux et les marchés ?

    Au-delà de ses frontières, le Congo envoie un message aux autres États de la CEMAC : le crédit concessionnel reste accessible aux gouvernements disposés à monnayer leur souveraineté budgétaire contre des réformes vérifiables. Pour les marchés, le signal est tout aussi crucial : l’appui de la Banque mondiale vaut implicitement certification de la trajectoire financière du pays, condition souvent requise avant toute émission obligataire.

    À court terme, l’arrivée de devises fraîches permet de reconstituer les réserves de change logées à la Banque des États d’Afrique centrale et de contenir la pression sur le franc CFA. Mais les analystes rappellent que le vrai test interviendra lorsque Brazzaville renouera avec les marchés internationaux de capitaux, probablement après 2025. Une notation souveraine plus favorable ne sera au rendez-vous que si les réformes promises sortent des tiroirs ministériels.

    Une fenêtre d’opportunité étroite

    La troisième tranche de l’appui budgétaire constitue sans doute l’ultime coup de pouce massif avant que le Congo ne doive s’autofinancer. Les marges d’erreur sont minces : tout retard dans l’adoption des décrets d’application, tout relâchement dans la discipline fiscale pourrait geler une partie des fonds restants. L’histoire récente regorge d’exemples où les financements multilatéraux se sont taris à la suite de divergences sur le rythme des réformes.

    Pour l’heure, Brazzaville gagne un temps précieux et un sursis bienvenu, mais la dépendance à la bienveillance des bailleurs n’est pas une stratégie de développement. La transition vers une économie diversifiée, moins exposée aux chocs pétroliers et plus inclusive, conditionnera la pérennité de la stabilité budgétaire retrouvée. En d’autres termes, les 46 milliards CFA ne sauraient être un substitut à la volonté politique : ils n’en sont que le révélateur.

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