Des centres désormais certifiés à Pointe-Noire et Brazzaville
Dix-neuf Centres de santé intégrés, répartis entre Pointe-Noire et Brazzaville, viennent d’obtenir la certification qualité après un audit minutieux. L’annonce, relayée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance, confirme une étape clé dans la modernisation de la prise en charge maternelle et infantile.
Ces labels ont été attribués dans le cadre de l’approche « Mavimpi Ya Mbote », qui promeut des standards internationaux adaptés aux réalités congolaises. Ils constituent, selon le ministère de la Santé, une reconnaissance officielle de services désormais plus sûrs, plus équitables et plus accessibles.
Méthode Mavimpi Ya Mbote : principes et application
Lancée en 2021, « Mavimpi Ya Mbote » – littéralement « mieux vaut la santé » – s’appuie sur les déclarations d’Alma-Ata et d’Astana. L’idée centrale est de renforcer le premier contact entre la famille et le système de soins, grâce à des protocoles simples et reproductibles.
Chaque centre retenu suit un parcours d’accompagnement de dix-huit mois comprenant formation continue, audit interne, supervision conjointe et auto-évaluation. Les communautés locales participent activement, notamment via les comités de santé, afin d’assurer la pertinence culturelle des messages et la pérennité des changements.
Une progression spectaculaire des indicateurs
Selon les données consolidées par la direction départementale, la performance moyenne des dix districts pilotes est passée de 48,9 % à 76,6 % entre mars 2022 et août 2023. Les indicateurs observés couvrent la prévention du paludisme, le suivi prénatal, la vaccination et la gestion des urgences néonatales.
Le docteur Roger Mombouli, coordonnateur régional, note que la certification « agit comme un catalyseur ». Une fois le cadre qualité installé, « les équipes se sentent valorisées, les patients reviennent et la dynamique s’auto-entretient », explique-t-il, évoquant un cercle vertueux pour les districts concernés.
La voix des mères, baromètre de la qualité
Au-delà des chiffres, les témoignages enregistrés auprès des mères résonnent fortement. « Mon bébé est né prématuré et a été pris en charge sans délai », raconte Clarisse, 27 ans, à Tié-Tié. Pour elle, l’écoute du personnel et la disponibilité des médicaments ont fait la différence.
Ces retours alimentent le processus de certification, l’évaluateur extérieur vérifiant la satisfaction des usagers sur des critères d’accueil, d’information et de continuité des soins. L’approche consacre ainsi la place de la communauté comme vigie permanente de la qualité offerte.
Objectifs nationaux et agenda international
Le Gouvernement voit dans cette dynamique un levier pour accélérer l’atteinte de l’Objectif de développement durable n° 3, consacré à la santé et au bien-être. Une couverture sanitaire universelle solide passe, rappelle le ministère, par des services primaires performants et proches des populations.
Lors du dernier comité de pilotage, la directrice de cabinet du ministre a indiqué qu’un budget spécifique serait inscrit au plan 2024-2026 pour étendre « Mavimpi Ya Mbote » aux 86 districts du pays. Les partenaires techniques devraient cofinancer la phase de déploiement.
Un partenariat public-ONG exemplaire
Le partenariat avec l’Unicef illustre la confiance accordée aux structures nationales. L’agence onusienne apporte son expertise en supervision formative, logistique de la chaîne du froid et approvisionnement en consommables essentiels, tandis que les directions départementales assurent la coordination sur le terrain.
Mme Mariavittoria Ballotta, représentante de l’Unicef, salue « l’engagement et la compétence remarquables des équipes ». Elle insiste sur le fait que « chaque enfant, quel que soit son lieu de naissance, mérite une chance égale de vivre et de grandir en bonne santé », rappelant la portée inclusive du programme.
Cap sur la généralisation dans tous les districts
À court terme, quatre autres départements devraient rejoindre la démarche. Les équipes des districts de la Cuvette, des Plateaux, du Niari et du Kouilou sont déjà en pré-évaluation, avec pour objectif d’obtenir au moins dix nouvelles certifications avant fin 2024.
Le succès des premiers sites sert de vitrine et motive les collectivités. Des visites croisées sont programmées pour permettre le partage d’expérience, tandis qu’un manuel unique de procédures est en finalisation afin d’harmoniser les critères d’évaluation sur tout le territoire.
Défis logistiques et solutions envisagées
Pour relever ces défis, un plan d’investissements conjoints privilégie les achats groupés, la maintenance régionale et le déploiement progressif de panneaux solaires déjà testés à Ngoyo, afin d’assurer l’autonomie énergétique et la continuité des services vitaux.
Innovation et formation continue du personnel
Le renforcement des compétences humaines reste un axe central. Plus de 250 agents – sages-femmes, infirmiers, relais communautaires – ont suivi des modules de simulation clinique, d’écoute active et de collecte numérique de données, afin de fiabiliser la traçabilité et d’améliorer la décision médicale.
L’enjeu d’une confiance renouvelée
Les autorités soulignent que la certification renforce la confiance entre populations et personnel de santé, un enjeu jugé essentiel après les perturbations liées à la pandémie. La fréquentation des consultations prénatales a ainsi augmenté de 23 % dans les centres certifiés.
D’ici deux ans, le ministère espère que tous les CSI du pays suivront la même trajectoire. Pendant ce temps, les premières mères rencontrées rappellent l’essentiel : « chaque examen bien fait aujourd’hui, c’est une vie sauvée demain ». Le mot d’ordre reste donc la qualité pour tous.
